Booba le tout petit ourson

Ce weekend a lieu le mega-concert d’Elie Yaffa aka Booba à l’U-Arena. Un événement attendu par beaucoup de “rat-pi” en mal d’autothune (ouai je parle de vous les 2000). 40 000 fans – rien que ça – pour gueuler à plein poumon leur amour pour le Duc de Boulogne. Alors je profite des différents buzz médiatiques de ces derniers mois autour de ce rappeur, pour vous avancer mon point de vue. Sortez les pare-balles, je rafale fort. Brrrra !

Booba pourquoi t’as changé ?

Booba, c’est comme une relation amoureuse qui débute, ça a commencé fort, avec beaucoup de sentiment pour l’art qu’il pratique et le public le lui a bien rendu. De son duo avec Ali dans le groupe Lunatic, le succès d’estime est fulgurant et les compères se font connaître comme Tango et Cash, la Brut et le Truand, Dora et Babouche, bref c’était solide. Puis est venu le temps où le petit ourson a volé de ses propres ailes. Avec d’abord “Temps Mort”, les mixtapes “Autopsie” puis “Pantheon”, jusqu’à “Lunatic”, là encore Booba reproduit ce qu’il l’a fait découvrir au grand public, des textes crus, des punchlines aiguisées et un flow unique.

Il marche littéralement sur la concurrence avec sa paire de Air force One. C’est à ce moment que Booba s’impose comme une un poteau de basket au milieu d’un terrain de foot à 5, collaborant avec des artistes renommées internationale comme Akon par exemple. J’ai fini par Lunatic, parce que c’est à ce moment que le Duc de Boulogne bascule dans la soupe radiophonique. Fais pas l’étonné, tu sais de quoi je parle. Sorti de la Hess grâce à l’oseille amassé, on sent que le rappeur du 92 s’est embourgeoisé et n’a plus les mêmes préoccupations que 10 ans avant. Ses textes s’en ressentent.

Booba s’embourgeoise et ça se voit trop

Exit les problèmes de la street, place aux problèmes de riches. C’est à ce moment qu’il se demande “Ce qu’il va faire de tout cet oseille ?”, ou encore “Trouve moi aux Seychelles, je fais rien, je m’en bas les couilles, une Colombienne fait la vaisselle”. Changement de décor radical dans la vie de Booba et ça se voit dans ses textes. Dans le Rap, c’est ce qu’on appelle de l’Egotrip et tous les rappeurs en font ou en ont déjà fait. Mais, là Booba c’est plus de l’Ego-sur-dimensionné-Trip tellement il force.

D’ailleurs pour la petite anecdote, la colombienne qui fait sa vaisselle, c’est devenu sa femme. Sympa avec ses employés le Duc. Bref, j’ai dégueulé tous ses mots, pour vous expliquer que sur le fond Booba c’est plus ça. Très influencé par le Rap US et les Etats-Unis (où il a vécu, on reparlera plus loin), Booba se tourne définitivement vers le rap bling-bling. Ses clips en sont la preuve la plus concrète : grosses caisses, meufs siliconées (pas de skinny-skinny) et tize à gogo de quoi rendre jaloux le sheitan en personne…

Il bute la fond, puis la forme

Quand je dis “bute”, c’est dans le mauvais sens du terme bien sûr. En 2012, sort l’album Futur, c’est à partir de là que Booba change son fusil d’épaule, délaisse peu à peu son flow naturel pour aller vers les tendances informatiques du moment, à savoir le vocoder et l’autothune – des techniques numérisées qui permettent de changer sa voix (comme les chanteurs de raï dans les années 90).

J’ai absolument rien contre cette technique, j’ai comme vous, kiffé sur des sons de T-Pain – Roi incontesté de la technique. Le problème pour Booba, c’est que lorsque tu te fais connaître en partie grâce à un flow unique, cramer ce flow pour une voix numérisée, ça le fait moyen. Surtout qu’il en abuse, sur l’album “Futur” c’est pas moins de 7 titres qui sont “customisés” numériquement. Les albums d’après j’en parle même pas. Plus de la moitié des titres, on l’entend pousser la chansonnette façon Barbie Girl d’Aqua. Vous pourrez le constater vous-même dans OKLM, Mon Pays, Caracas, Jack Da, ça te suffit ou t’en veux encore ?

Les clash dans le rap : Booba le dénominateur commun

C’est le sujet qui a agité notre été, la bagarre épique à coups de Farenheit entre Booba et Kaaris à l’aéroport d’Orly, les deux chanceux qui ont volé la vedette à ce bon vieux Benalla. L’occasion pour les journalistes de traiter le sujet des clash dans le rap. J’ai même pu voir un journaliste de BFM TV venir parler en tant qu’expert du rap et affirmer que c’était la première fois que Booba en venait aux mains avec un autre rappeur, la grosse blague.

Les fans de hip-hop aguerris, savent que Booba a beaucoup d’ennemis dans le rap Français, on pense tous à La Fouine ou Rohhf, mais Elie Yaffa s’est crêpé le chignon (c’est une image hein, y’a que dans les montages de La Fouine que Booba a un chignon) avec beaucoup d’autres acteurs du Rap Game. A la Fouine, Kaaris et Rohff, on peut ajouter Sinik, JoeyStarr, Alpha 5.20, Maître Gims, Dam16 et Zoxea. L’animosité va même dépasser le cadre du rap, quand des personnages comme Said Taghmaoui ou Bassem Braiki vont publiquement montrer leur dégout pour le rappeur. La faute sûrement à un excès de confiance dans certains cas, de la jalousie et des paroles mal placées dans d’autres. Au final il a été en embrouille publique avec pas moins de 11 personnes. C’est qu’il doit avoir des problèmes de comportement le petit Elie.

Coup de tête, balayette, manchette, ou presque

Si tous n’en sont pas venus aux mains, c’est le cas pour 3 d’entre eux. Kaaris comme tout le monde sait, mais également La Fouine. Habitant dans le même immeuble à Miami, les deux rappeurs vont s’embrouiller à cause d’une crise de jalousie du Duc de Boulogne, qui reproche au rappeur de Trappes de lui lancer des piques concernant son différend avec Rohff, Inception façon Rap mon petit pote. S’ensuit une bagarre qui sera filmée par les caméras de surveillance de l’immeuble, où on voit notamment le Duc de Boulogne partir en courant sous les coups de pression de l’équipe de La Fouine.

Autre bagarre que peu de gens connaissent, c’est celle avec Zoxea. Méconnue car ancienne, elle date des débuts du phénomène Booba. A l’époque les deux rappeurs collaborent, mais suite à une mésentente sur la sortie d’un album, les deux protagonistes règlent ça à coup de gazeuze lacrymo. Résultats les deux finissent allongés en PLS à un arrêt de Metro. D’autres histoires de balayettes existent au sujet du Duc, comme celle où il se serait mangé des coups de ceintures (la sienne en plus) dans son “quartier” par un jeune rappeur nommé Dam16. Du haut de ses 2 mètres, B2O a quand même souvent mangé le sol.

L’ombre de la supercherie

Place à l’extrapolation, mais en vérité, je m’en bas le coquillard. Les rumeurs contiennent souvent une part de vérité comme dit le dicton. Concernant B2O,  y’a à boire et à manger et je dois vous avouer que j’ai un appétit de Magloire. C’est en partie La Fouine qui a rendu publique les nombreuses rumeurs sur “la vraie vie” de Booba et sur ses origines sociales.

Dès le début, des doutes existent sur sa “street-crédibilité”. Beaucoup se disent que le rappeur n’est pas un issu d’un milieu défavorisé comme il le prétend et je dois avouer qu’il y a quelques preuves qui permettent de penser que c’est pas totalement faux. D’abord, Elie Yaffa est né et a passé son adolescence à Meudon-la-forêt, rien que le nom, t’imagines qu’à part racketer les arbres pour quelques feuilles, le cadre de vie y est plutôt cool. Il déménagera ensuite à Boulogne Billancourt, d’où il se revendique, ça fait plus caillera que Meudon-la-forêt.

Ensuite, de par ses propres témoignages, il affirme être allé suivre un cursus universitaire aux Etats Unis. vous voyez où je veux en venir ? Qui se revendique avoir grandit dans la hess la plus totale, peut se permettre d’aller faire un an aux USA dans le plus grand des calmes, le tout avant d’être connu ? Je vous laisse vous faire votre avis. Aussi, les rat-pi (les groupies du chanteur) revendiquent le vécu du DUC et sa zermi, par les mois de prison qu’il a fait. Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque Booba est emprisonné pour avoir braqué un Taxi, il est déjà plus ou moins connu (en gagnant l’oseille qu’on imagine) et s’était déjà payé des voyages à New-York pour visiter des studios d’enregistrement.

Ne serait-ce pas là l’idée de génie, qui lui permettait vraiment d’entrer dans la cour des caillera poids-lourd et s’affirmer dans un milieu où il n’y a pas de place pour les rappeurs bons-sentiments (Nekfeu t’as bien choisi ton époque) ? Là aussi je vous laisse vous faire votre propre avis…

Enfin bref, petit billet d’humeur sur un rappeur que j’ai longtemps écouté (jusqu’à Lunatic si t’as bien suivi), mais qui aujourd’hui est devenu le Billy Crowford des temps modernes. En vérité, il est blindé, ses albums se vendent comme jaja, il remplit l’U-Arena, alors tout ce que je viens de raconter va rien changer à son histoire. Fallait juste que je rétablisse quelques vérités sur le D’UC. 42 ans morray, ne serait-ce pas le moment de proposer quelque chose en phase avec ce que tu représentes ? Simple suggestion. Et bon concert à tous mes petits chbeb 2.0 !

Peace & Zoulette

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Président du Fan Club des 2be3

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