Moha La Squale : l’avenir du rap français ?

Tu ne le connais sans doute pas, mais c’est normal ne t’inquiète pas. Il s’appelle Moha La Squale, du moins c’est son nom de scène, et depuis 3 mois il gifle le rap français chaque dimanche avec ses freestyles monstres. Oui oui, le jeune Mohamed (d’où « Moha ») a commencé le rap il y a trois mois ni plus, ni moins, mais comme dit le dicton : le talent n’attend pas le nombre des années et du haut de ses 22 ans, il a un univers, un flow, un cerveau, le mix parfait pour venir manger le rap français façon chicken nuggets.

De la prison au cours Florent

Ce qu’on aime chez Candealer, c’est de casser les clichés. En voilà un qui les fracasse. Issu du Ghetto Hood de « la Banane » dans le XXe arrondissement de Paris, La Squale est passé par la case prison pour Traffic de substances interdites (skunk et zipette), mais comme bon nombre de mecs de quartiers, il veut s’en sortir et devient auto-entrepreneur dans le transport de colis. Le destin lui fera changer d’itinéraire lorsqu’il rencontre Barney Frydman, un réalisateur belge (c’est pas une blague) qui décèle le potentiel et lui conseille de s’inscrire au célèbre cours Florent pour prendre des leçons de théâtre, il y a été admis depuis et a même tourné dans le court métrage « La Graine » (que je vous recommande grandement).

Toutes les facettes du rap en un personnage

Avec la démocratisation du rap, de nombreux « styles de rap » sont nés. Du gangsta rap au rap conscient. On peut dire que La Squale maitrise les deux univers, pour le grand bonheur des puristes du pe-ra français. Il rappelle souvent dans ses textes une jeunesse faite de violences, de drames et de drogues, mais garde un œil très critique sur les causes et leurs conséquences d’une déchéance de la jeunesse des banlieues. Des textes bien léchés, un flow de barbare et une diction perfectionné grâce à ses cours de théâtre, celui qui s’intéresse avec fierté à Shakespeare et à d’autres grands auteurs, balance des freestyles aux univers bruts qui nous emportent avec le personnage. Exit le vocoder et les effets Baby Girl dont les rappeurs 2.0 abusent trop souvent, place à l’authentique. Une gueule, un flow, un univers.

Son Credo « Essayer de toucher les gens de la street »

A l’antenne de la radio parisienne Radio Nova, Moha La Squale livre un témoignage intéressant sur son parcours, mais aussi sur ses motivations. Il explique notamment que c’est sa curiosité qui l’a poussé à lire Shakespear (encore lui), ne comprenant pas pourquoi les gens kiff  ait, il voulait se faire sa propre idée sur ces livres dont il ne comprenait pas la moitié des mots (c’est lui qui le dit). D’ailleurs, il y a une de ses vidéos sur sa chaîne YouTube où on le voit réviser son audition (une scène d’Hamlet) au cours Florent, au beau milieu de son quartier et sous l’œil moqueur (?) de ses potes du bendo. Il s’approprie la célèbre devise de maître Kerry James « On est pas condamné à l’échec » avec succès. Il prouve qu’en venant des endroits les plus durs de France, on peut s’en sortir en faisant autre chose que chauffeur Uber.

Finalement le seul défaut de Moha La Squale c’est sa coupe de documentaliste, rien que de l’imaginer avec son lisseur Babylisse ça dégoute. Mais heureusement, il se rattrape très largement dans son style musical pour toutes les raisons que je t’ai décrit plus haut.

De quoi faire de lui l’avenir du Rap Français ? Surement !

Bises&Bendo

Do Not Disturb, Please.

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